Extrait de la notice historique sur Frouard
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Les ducs de Lorraine étaient, à FROUARD, en contact permanent avec les comtes de BAR qui possédaient le château de l'Avant-Garde à POMPEY et les évêques de Metz, qui étaient seigneurs du château de CONDÉ (Custines). |
Les relations entre ces trois seigneurs étaient loin d'être toujours amicales, comme le prouvent les guerres qui les divisèrent au cours des siècles. |
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Le duc de Lorraine SIMON 1er, était en guerre avec le comte de Bar, l'évêque de Metz et l'archevêque de Trèves. Il se jeta sur la Lorraine allemande et l'archevêché de Trèves, et se mit à les ravager. Mais pendant ce temps, l'archevêque réunit une armée considérable dont il confia le commandement à son neveu GEOFFROY, sire de Faulquemont. SIMON, qui avait porté la guerre au Nord pour protéger ses États septentrionaux, lesquels s'étendaient jusqu'a Trèves, fut obligé de changer de plan. L'armée de l'archevêque traversa le pays messin, où elle ne rencontra que des amis, remonta la vallée de la Moselle et vint mettre le siège devant le château de Frouard. |
Les troupes du duc de Lorraine furent entièrement défaites; le comte de Salm, son fidèle allié, fut blessé de deux coups de lance qui le percèrent de part et d'autre et le firent mourir. Le duc lui-même reçut une grosse blessure au poignet qui lui vint d'un coup de hachette. |
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Un autre combat, non moins sanglant, eut lieu en 1230 dans les plaines entre Frouard et Champigneulles. Le duc de Lorraine, MATHIEU II, était en guerre avec HENRI II, comte de Bar. Les deux armées s'étant trouvées en présence, le combat fut bientôt engagé. L'opiniâtreté et le courage le rendirent cruel. Tout le monde y fit des prodiges de valeur. Mais l'infanterie lorraine, qui formait l'aile gauche, ayant été enfoncée, l'aile droite qui n'était composée que de cavalerie, fut mise en déroute et prit la fuite. Le duc, l'épée à la main, voulut en vain rallier ses troupes ; indigné, il jeta son casque à terre, arracha la cravate de son drapeau et prenant un pique des mains d'un de ses officiers, nommé FRISON, s'avança seul contre les ennemis, et allait être enveloppé lorsque ce soldat fidèle le couvrit de son corps, et fut tué en criant : |
<< Respectez le sang de mon prince >>. Voici comment HARAUCOURT, dans ses mémoires, raconte cet événement : << En li malencontreuse journée, fut li duc en grande malchance et li chevaucheurs qu'estoient en sa gauche ayant pris l'épouvante s'enfuirent en revers dos ; et li duc en grande crise de désespoir, ne volie onc porter li pot et harnois de maille qu'avait sur le corps, mais print lance qu'arracha ez mains d'un sieu soudard, et n'en fit à deux et se jeta en bien mitant de l'ennemi qui l'enveloppa et seroit li duc occis d'autant qu'estoit à pied, quand un messin soudard qu'avait nom FRISON, posa son corps en avant, bailli sa vie pour celle du duc, et chut à ses pieds, criant à tout l'Ost : << Par Dieu, gardés de verser li sang qu'est là sang est pur de mon maître ! >> Le duc, après cela, eut le temps de fuir et de se retirer à Gondreville dont il fit rompre le pont et où il fut assiégé. |
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La date de ce combat qui est resté mémorable est contesté. Les historiens de la Lorraine et LEPAGE en particulier, placent cette bataille en 1308. Il a été reconnu depuis que sa date est 1313 et non 1308 et que le duc de Lorraine qui y combattit était FERRI IV au lieu de THIEBAUT II. FERRI IV était donc en guerre avec son voisin, ennemi héréditaire, l'évêque de Metz, qui était alors RENAUD de BAR. Celui-ci avait comme alliés le comte de BAR et le comte de SALM. |
La guerre s'ensuivit donc. L'évêque appela à son secours EDOUARD Ier, comte de Bar, et son neveu NICOLAS, comte de Salm. Le bon ordre des troupes et la supériorité du nombre lui persuadèrent qu'il s'était trop avancé. Mais le duc, qui joignait l'expérience au génie militaire, eut recours à un stratagème. Il gagna les hauteurs qui dominent la Moselle et fit mettre pied à terre à sa cavalerie et comme l'ennemi le suivait il jeta sur lui d'immenses quartiers de roc et des pierres. Telles furent les armes avec lesquelles les lorrains combattirent. Les ennemis, accablés par une grêle de cailloux, furent mis en déroute. Quand le désordre fut mis dans les rangs ennemis, l'armée lorraine descendit au grand galop de la colline, tua 200 hommes et précipita les autres dans la Moselle. |
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Le duc de Lorraine, RAOUL, mort en 1346, avait laissé la régence à sa femme, MARIE de BLOIS. La duchesse ambitieuse, avait essayé de prendre Metz, qu'elle considérait comme une bonne proie. Elle n'y réussit pas et se contenta de ravager la région et de brûler quelques villages des alentours. Les Messins pour se venger entrèrent en Lorraine et vinrent camper devant le château de Frouard. |
MARIE de BLOIS n'y avait laissé qu'une garnison insignifiante. Les ennemis ravagèrent le bourg de Frouard, qui était très important, et firent de nombreux prisonniers. Voici ce qu'en disent des chroniques anciennes : << Ceux de Metz... furent devant Nancy, ardout (brûlèrent) le pays entour, et assaillirent Frouard et waignont le bourg et y prindrent plusieurs prisonniers... >> |
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La Chronique de lorraine, raconte qu'il y eut encore un combat en 1434, sous le règne de CHARLES II, entre << Loherains et Barrisiens >>, dans les environs de Frouard. |
<< Les ducs de Bar, souventes fois la guerre en Loheregne faisaient. des Loherains et des Barrisiens se rencontrèrent à pougny (combat) de Frouward; dont il mourut moult de gens de bien d'un coustel et d'altre. Une altre rencontre feirent après de Condé (Custines) dont la plupart des Barrisiens furent prins et tués... >> |
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Avant leur brouille de 1476, CHARLES le TÉMÉRAIRE ; l'orgueilleux duc de Bourgogne et le duc de Lorraine RENÉ II se trouvaient en relations assez amicales, surtout depuis un traité qui avait été conclu entre eux le 15 octobre 1473. C'est également au cours de ce passage en Lorraine que CHARLES le TÉMÉRAIRE vint visiter le château de Frouard et y passa même la nuit du 15 au 16 décembre 1473 avant de se rendre à Nancy où 4 ans plus tard il devait trouver le mort. |
Cette bataille de 1477 eut quelques échos à Frouard. Les vaincus en déroute s'étaient retirés dans la direction de Pont-à-Mousson, le gros des fuyards passant par Bouxières. Le massacre a eu lieu à l'emplacement dit << Carrière des Morts >>, en dessous de la batterie du fort de l'Éperon. Les Bourguignons ont été ensevelis dans le creux que l'on appelle encore : << La fosse des Bourguignons >>. |
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Un ancien titre des archives de FROUARD, fait part que MATHIEU l'acquit en suite d'un procès entre les habitants de FROUARD et de LIVERDUN qui se disputaient la propriété d'une partie de forêt. Le château appartint aux ducs de Lorraine, il est impossible de dire si ces ducs le cédèrent à quelques vassaux. |
Le 5 mai 1703, les terres appartiennent à Antoinette Thérèse d'HERBEVILLER veuve de Jean de ROQUEFEUILLE, qui fait ses << foi et hommage >> pour la haute, moyenne et basse justice de FROUARD. En 1734, un acte d'état civil fait mention d'un prince d'ESTERHAZY. En 1772, Louis Charles, comte de CHABOT, lieutenant général des armées du roi devint seigneur de FROUARD, POMPEY, MARBACHE et des deux SAIZERAIS. En 1781, Alexandre Louis de LATTIER, héritier du comte de CHABOT fait ses << foi et hommage >> pour terre et seigneurie du Ban la Dame, consistant en haute, moyenne et basse justice des deux châteaux. ( Le vieux château détruit et le château d'en bas.)Par jugement arbitral du 26 septembre 1793, les habitants de FROUARD obtiennent la possession des biens du citoyen LATTIER.Un jugement de la cour de Cassation du 14 fructidor, an V, rend à LATTIER les biens que la commune avait détenus et ce dernier renonce à toutes réclamations de dommages et intérêts. L'héritière de Louis de LATTIER fut la comtesse de ROCHEFORT, domiciliée à PARIS, où elle décéde le 3 décembre 1868, sans aucun héritier. Tous les biens furent liquidés par le légataire universel le comte JUSTE de FAY. M. RENAUD, instituteur en retraite à FROUARD, achète le vieux château. Par la suite, M. MARANGE en devint le propriétaire et à son décès, le professeur NICLAUSE en hérita. Depuis quelques années, la ville de FROUARD possède l'ensemble des terrains. |
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De la forteresse, il reste encore actuellement quelques ruines attestant de son importance. Longueur 100 mètres, largeur la plus grande 50 mètres. On repère dans cet emplacement, recouvert par la végétation, une citerne de 4 m sur 3 m et profonde de 3m environ, une chambre souterraine avec une ouverture de 60 cm. Divers murs d'enceinte sont encore visibles malgré les taillis. Mais ce qui a défié le temps et les outrages des hommes, c'est une partie de tour ronde demeurée solide avec sa maçonnerie d'un mètre soixante d'épaisseur, ainsi qu'une partie de la tour carrée. Le château fort était en deux parties différentes séparées par un fossé. |
La première, plus haute en niveau, avait la plus grande surface et formait une enceinte quadrangulaire flanquée de tours rondes dont il ne reste que les vestiges d'une seule. Pour le reste, l'intérieur de l'enceinte n'est qu'éboulis et tas de pierrailles. Une partie du soubassement de la porte d'entrée est encore visible. |
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